Dimanche 5 septembre 2010 7 05 /09 /Sep /2010 14:00

- "Minute ! Temps mort ! Je vous interromps ! Qu'est-ce que cette histoire ? Vous ne pouvez vous contenter de botter ici en touche, de la sorte, sur la question des revenus... Il est parfaitement de votre droit de n'évoquer votre situation personnelle que de manière très allusive. J'adhère volontiers par ailleurs à votre histoire d'expériences avec les publicités sur votre blog, tout comme je reconnais que, de toute façon, vous êtes ici l'auteur et que cette "expérience", comme vous la qualifiez, après tout vous appartient. Mais la question des revenus des universitaires n'a-t-elle pas été au coeur de la justification, aussi, de la LRU ? Les questions posées par Pierre Dubois ne portent-elles pas, aussi, sur la carrière des universitaires, les publications référencées AERES, l'éventuelle incohérence entre la publication scientifique qui prend le temps que l'on sait et l'éventuelle obsolescence des résultats, singulièrement dans le domaine de l'économie-gestion ? Et le même Pr. Dubois n'anime-t-il pas un blog où il est actuellement débattu des primes des présidents d'université dont certains militeraient apparemment pour une reconnaissance d'un statut qui s'apparenterait à celui de P-DG ? N'y a-t-il pas aussi, avec la LRU, des questions de fundraising, de primes au mérite pour les enseignants-chercheurs, de primes d'excellence scientifique ? Puisque vous abordez la question des revenus, parlons revenus ! Et puis vous connaissez Alchian et Demsetz : le boulanger ne nourrit pas son client par contre-don !"  


Vous noterez vous-même l'ampleur des questions soulevées et l'impossibilité, donc, d'y répondre. Et ceci sans même discuter du caractère sensible de celles-ci dont je ne vois pas, après tout, pour quels motifs - ni avec quelle légitimité - je devrais m'exprimer sur tous ces points. Mais puisque vous m'amenez sur ce terrain, je terminerais volontiers par une confession et un témoignage. Avant de débuter, permettez-moi de prendre un extrait pour alimenter le débat et la discussion des problématiques d'avenir. Et de vous indiquer que ma confesse et mon témoignage me serviront ensuite à alimenter la discussion sur l'évolution actuelle des universités portée par la LRU et de prendre des positions que je m'autoriserais, comme toujours, à éventuellement déjuger demain. 

Alors, la confession, d'abord. J'ai eu la chance d'avoir des vies antérieures à l'université, notamment d'avoir été confronté au quotidien à la vie d'un grand cabinet de conseil en stratégie ; et puis, une fois entré à l'université, d'avoir poursuivi, de temps à autre, à côté, puisque l'honneur m'était fait de me demander d'apporter mon expertise. 

 La question qui s'est alors souvent posée à moi a été la suivante : faut-il, d'abord, entrer à l'université, avec une rémunération plusieurs fois inférieure à celle qui m'était proposée ailleurs, et ce alors même que j'étais encore à bonne distance de mes trente ans ? Puis, plus tard, fallait-il quitter l'université au vu de la paupérisation qui y règne bien souvent, des langueurs administratives et des possibilités qui se laissaient entrevoir ailleurs ? 

A ces questions, j'ai toujours répondu en faveur certes de l'université mais plus généralement, surtout, du "monde" académique. Parce que dans aucun autre domaine ne se situe une telle concentration de personnalités aussi compétentes et diverses. Parce que nulle part ailleurs, je n'ai autant appris et continue d'apprendre autant. Parce que nulle part ailleurs, les talents ne sont si puissants et si nombreux que dans nos belles communautés académiques. 

Alors, permettez-moi de déduire de cette confession que si de jeunes chercheurs ne songent qu'à faire "carrière" sans autre forme d'interrogations, alors je leur conseillerais sans doute que ce n'est pas vers l'université, ni même peut-être vers le monde académique, qu'ils devraient tourner leur regard.

Permettez-moi de renvoyer ici à l'extrait de wall street (à partir de 1h30). Car un chercheur qui n'aurait pas compris où il se situe entre le capital et le travail - et ce même s'il est plutôt privilégié en ce domaine, si sa situation est finalement assez enviable - oui, un chercheur en économie-gestion qui n'aurait pas saisi quels intérêts il servirait d'abord par une obsession de publications étoilées et un désir exclusif de carrière ; oui, ce chercheur-là, permettez-moi d'oser le dire, ferait peut-être mieux d'arrêter la recherche sans attendre : sa naïveté ne risquerait-elle pas, à terme, de le rendre dangereux ?   

Mais le témoignage auparavant, pas tout à fait sans lien d'ailleurs avec la confession. 

Quelques précisions d'abord pour ceux qui ne sont pas au fait de la vie universitaire. On a beaucoup discuté du fait que le statut d'universitaire regroupe trois ensembles de tâches. L'enseignement, bien sûr. La recherche ensuite, souvent - et à tort, j'y reviendrai - assimilée aux publications. Et puis les tâches administratives. 

Sur ce dernier point des tâches administratives, des précisions s'imposent d'emblée. Il en est, en effet, de deux ordres : celles qui relèvent du contact avec les étudiants (direction de diplômes, animation d'équipes pédagogiques, organisation de l'année, présidence des jurys, etc.) et celles qui relèvent davantage du "politique" (direction de département, de laboratoires, charges de mission diverses, vice-présidence, etc.). Cette seconde catégorie se subdivise elle-même en plusieurs sous-catégories : le politique prioritairement tourné vers l'interne, vers l'institution, (conseil d'UFR, conseil scientifique ou de la vie universitaire,etc.) ; et le politique tourné vers "l'externe", vers la participation à la vie de sa propre communauté scientifique, qu'il s'agisse d'être membre de jury de thèse ou d'habilitation à diriger des recherches, d'évaluer des "papiers" et des articles, de participer à des congrès, y compris à l'autre bout du monde. Le tout sans oublier naturellement que ces deux sous-catégories peuvent se confondre dès lors qu'il s'agit d'organiser un "colloque", par exemple, ce qui mêle des problématiques de rayonnements interne mais aussi externe.

Ces précisions posées, je peux entrer dans le vif de mon témoignage. 

 J'ai connu de très près, pour y avoir été en poste, trois universités. J'en ai fréquenté - et continue de le faire - bon nombre d'autres, en région parisienne ou en province. Et je note que, partout, les responsabilités "administratives" de mes collègues - mais aussi les miennes - montent "mécaniquement" en puissance au fil de la carrière en raison de l'attrait des formations de gestion pour les étudiants comme des compétences "gestionnaires" pour des tâches à dominante de politique interne. Ceci dans un contexte général de manque de "support logistique", comme dirait Mintzberg. Le tout sans oublier ces "cours" qu'il faut bien réaliser et renouveler puisque c'est dans l'essence même du métier et que l'on aurait choisi une autre voie si l'on n'avait pris quelqu' plaisir à voir progresser des étudiants, à contribuer à la formation de futurs collègues, à partager et à rendre un peu de ce que l'on a eu la chance de recevoir.

 Ces tâches sont évidemment accaparantes. Elles font partie du métier que j'ai choisi. J'avais pleinement conscience en le choisissant que je devrais les exercer. Je ne m'en suis jamais plaint tant elles ont été aussi l'occasion d'exercer ma profession sous de multiples aspects, tous extrêmement enrichissants. Je note simplement que dans ce contexte, l'activité de recherche - mais aussi, de pensée - finit toujours par devenir le parent pauvre : les moments qui y sont consacrés sont de plus en plus difficiles à "caser". Même lorsque l'on s'astreint à une certaine discipline, lorsque l'on tient à une saine hygiène, ces moments s'avèrent surtout de moins en moins productifs : il en va du chercheur en quête d'idées neuves comme du sportif de haut niveau, seul l'entraînement régulier - pour ne pas dire quotidien - paye. 

On comprend aussi aisément que toutes ces tâches ne requièrent pas des talents identiques et j'accepte volontiers l'idée que d'autres que moi auraient pu être plus efficaces dans l'accomplissement de chacune. Vouloir les assumer toutes relève dans tous les cas du tour de force, proche de l'impossible dès lors qu'il s'agit de les assumer sérieusement. Pourtant, grâce à toutes ces tâches, dans leur diversité, j'ai appris des choses. Pourtant, aussi étonnant que cela puisse paraître, j'ai toujours eu le sentiment que loin de s'opposer, elles pouvaient se conjuguer les unes les autres et être sources d'un enrichissement mutuel. Voilà pour le témoignage. 

Je déduis de cette confession et de ce témoignage deux brèves remarques pour répondre, quand même, à la question soulevée par le Pr. Dubois. Cette question qu'il pose et qui agite tous les repas de thèse, tous les couloirs des congrès, qui a trait à la meilleure "stratégie" de publication à adopter.

La première, c'est que m'interroge, on l'aura compris, la notion même de carrière dans nos domaines. Ce concept me convient mal. Une "carrière", après tout, n'est-ce pas d'abord l'ensemble des choix "stratégiques" personnels qui auront été faits, et ce en fonction du "sens" que chacun met dans son action ? Alors peut-être les lignes qui précèdent et celles qui suivront trahiront-elles quelques-uns de mes sentiments sur la question et qui n'engagent que moi... De même, le "contenu audio-vidéo" qui conclut ce billet de blog en dit-il long sur ce que j'estime être l'essentiel et qui reste de mon point de vue assez impensé lorsque l'on ne pense que "stratégie" de publication en vue d'une "carrière". 

La seconde, c'est qu'en adepte d'Edgar Morin, je m'interroge : pourquoi penser en exclusive (débat public vs revues "labellisées") ? Après tout, si, dans les "humanités", tous les "résultats" sont probablement bio-dégradables - et ceci est singulièrement vrai en gestion - sont-ils pour autant appelés à devenir si vite obsolètes ? J'ai la faiblesse d'estimer qu'aucun des articles, chapitres d'ouvrage et plus généralement des écrits que j'ai essayés de commettre n'aient été appelés à une obsolescence aussi rapide.

Bien sûr, j'ai pu faire des erreurs, pêcher par omissions, être d'abord condamné dans mon entreprise par l'étendue de ma méconnaissance. Bien sûr. Mais jamais, je crois, je n'aurais eu le courage d'entreprendre chacune de ces "publications" si je n'y avais vu un sens autre que celui du bénéfice qu'elle pourrait me rapporter en termes exclusivement de "carrière". J'ai donc la prétention déraisonnable de croire que si les résultats devaient être si vite obsolètes, alors ce sont peut-être les questions de recherche qui devraient être (re)posées.   

N'est-ce pas donc la responsabilité première du chercheur - jeune ou moins jeune - d'interroger sans relâche la pertinence même des objets qu'il prend pour investigation et des projets de connaissance qu'il développe ? Bref, avant de réfléchir à la meilleure manière de publier, ne faudrait-il pas plus souvent (re)poser la question du sens du projet qui nous anime ? Ceci aiderait aussi, peut-être, les plus jeunes à mieux supporter les refus des revues "labellisées" : n'oublions pas qu'un taux de rejet élevé permet désormais d'améliorer un "classement" ! Je termine donc ces éléments de réponse en disant que c'est aussi aux jeunes chercheurs de faire cet apprentissage-là et de comprendre de quel jeu, parfois, ils pourraient n'être que les pantins.

 

- "Avec vous c'est comme chez Mozart, mon cher : y a trop de notes ! Je n'y comprends plus rien. Vous ne répondez pas aux questions posées, comme celles du Pr. Debeauvais ! Vous allez finir par ne faire que bavarder...".

 

Que voilà une rodomontade qui me rappelle des souvenirs familiers ! J'ai cependant toujours considéré la référence à Mozart comme aussi flatteuse qu'imméritée... Mozart ! Soyons sérieux tout de même ! Et permettez-moi de prendre encore quelques secondes, de préciser qu'en ma qualité de chercheur en "gestion", je crois que le vécu a du sens puisque le diable, souvent, se cache dans les détails... Mais, puisque vous m'y invitez de la sorte, je poursuis sans attendre en entrant dans le vif du sujet et des questions posées... comme dans celles qui ne me le sont pas. 

Longtemps - trop longtemps peut-être, je ne sais pas - à l'université comme ailleurs, la logique de coopération qui prévalait était une logique d'autorité mêlée à une logique de don. L'autorité, c'était bien sûr celle que conférait d'abord le titre : assistant, maître de conférences, professeur, chacun aux missions spécifiques - et on pourrait de même parler des "grandes écoles"     puisque les distinctions entre "professeur assistant", "professeur associé" et "full professor" recouvrent globalement celles en usage au sein de l'université.

Le don, c'était celui dont faisaient montre toutes ces "catégories" qui espéraient, chacune pour ce qui les concernent, un contre-don. Ainsi du contre-don de la richesse issue des échanges d'abord avec des maîtres, ensuite avec des collègues ; de celui de l'infini bonheur d'avoir le sentiment de progresser, d'être meilleur aujourd'hui qu'hier grâce à ceux qui méconnaissent moins que soi-même ; de cette joie sans cesse renouvelée de pouvoir participer à des discussions où l'on essaye de penser le monde, où l'on cherche à comprendre, où le réel est d'abord source d'insatisfactions viscérales, toujours à (re)discuter, jamais tenu pour acquis. Et puis, sur la longue durée, ce contre-don, c'était celui, bien sûr, d'avoir la satisfaction de voir ses propres "progrès" attestés par ceux que l'on respecte le plus et qui décidaient un jour, alors que vous le sollicitiez, d'accepter de faire de vous un "pair".

L'autorité ainsi conférée progressivement au fil de la "carrière" donnait un sentiment intense de responsabilités : il provenait du bonheur des conquêtes réussies mais aussi des défaites face à cette adversaire si rude qu'est la connaissance cultivée. Cela ne garantissait jamais, mais favorisait grandement, une éthique et une capacité d'expertise, dont l'essentiel était que l'une comme l'autre soient, d'abord, matinées d'une certaine "culture" : celui ou celle qui avait tant reçu savait combien il importait pour lui de rendre en donnant à son tour ; parce que les épreuves vécues rendaient conscient du fait que, dans les domaines de la connaissance et de la culture, rien n'est simple -  le maître ne pouvait-il même parfois, , ô bizarrerie de la connaissance, apprendre de l'élève ?   

Cette logique mêlant autorité et don a pu paraître insuffisamment productive, exiger trop de patience, être parfois source de trop d'injustices, tolérer trop d'écarts, récompenser insuffisamment les bonnes volontés, être trop rigide, autoriser trop de débordements (les "cooptations" tant décriées, les universitaires à mi-temps non sanctionnés, etc.). Elle reposait surtout, je crois, sur un bon vouloir, sur une confiance et, j'ose ce mot qui a perdu tant de sens aujourd'hui, sur du respect : des autres, des diversités, de ceux dont on savait d'abord qu'on avait tant à apprendre. Quelque chose qui ressortit, en quelque sorte, d'une forme de cet esprit de famille aujourd'hui largement en crise...

C'est tout ceci que la logique organisationnelle que porte la LRU a (délibérément) mis à mal. Cette double logique d'autorité et de don, on le sait - et l'université n'est pas ici un cas isolé - paraît finalement bien faible au regard de l'attraction "naturelle" que peut provoquer un échange marchand fondé sur le dédommagement individuel, au sentiment de liberté qu'il peut donner, au bonheur de l'acquisition instantanée qu'il peut (donner l'illusion de) procurer. En ce sens, la LRU, sous ses masques d'évidence et de bon sens, est d'abord, me semble-t-il, un symptôme de quelque chose de bien plus profond. 

Ainsi, progressivement d'abord, puis de manière incroyablement rapide et brutale depuis le milieu des années 1990, l'émancipation que promettait l'apprentissage à l'école, au collège, au lycée, dans le supérieur a cédé la place à un raisonnement volontiers utilitariste que l'on peut résumer en une espérance de "cash-flows" futurs. Le taux de sélection - et donc de refus - à l'entrée, la qualité du réseau des "anciens" et des "fréquentations", les "salaires" de sortie, le temps nécessaire avant que l'employabilité ne se transforme en emplois concrets sont devenus synonymes des plus hautes places sur les podiums des classements d'abord nationaux.

La globalisation et la compétition internationale ont supposé de ne plus se satisfaire des classements d'envergure nationale. Il fallait donc être visible partout, processus engagé depuis longtemps et que le classement de Shangaï a non pas provoqué mais plus simplement entériné - n'est-il pas d'ailleurs très instructif qu'il nous vienne de cette même Chine qui est en train de constituer ses propres agences de notation financière... ? Même les "grandes écoles", qui formaient l'élite de la République, ont subi cette onde de choc d'une recherche qui serait égale à des "étoiles" et à des chiffres, puisqu'il fallait désormais des indicateurs simples pour permettre les "benchmarks". 

Alors la course s'est engagée, les étoiles se sont mises à fleurir de partout, et on attend encore le critère, le vrai, l'ultime : celui qui rapportera la masse salariale (les "capitaux" investis) au classement pour juger de la pertinence des réorganisations voire, j'ose le dire, des éventuelles liquidations à envisager. En recherche, les taux de citation des revues dans lesquelles les chercheurs publient finiront, qu'on le veuille ou non,  par s'imposer. Il sera bien sûr "pondéré" par un "H-index" individuel pour attribuer des primes tout aussi individuelles ; mais, au niveau institutionnel, c'est bien cela qui guette. 

 La LRU est-elle en elle-même condamnable de ces évolutions ? Et la réécriture du statut des enseignants-chercheurs qui était régi par un décret datant de 1984 - et qui a suscité l'ire que l'on sait chez les premiers concernés - est-elle aussi à blâmer ?

On l'aura compris, je crois que tout ceci est d'abord le symptôme de dynamiques plus profondes ; et je me contenterais de quelques éléments d'étonnement liés à ma (dé)-formation "professionnelle" qui m'inclineraient à penser que le problème mériterait, peut-être, d'être réinterrogé et reformulé. Pas pour plaider pour un retour vers une situation antérieure que je suis trop jeune pour regretter et trop âgé pour ne pas en avoir vu  les possibles dérives. Non, juste pour contribuer à ce qu'en ces domaines qui me sont si chers, la connaissance et la culture, on ne confonde pas, une fois de plus, vitesse et précipitation.   

D'abord, je vois dans l'évolution vers davantage d'autonomie des universités une logique qui tend à faire perdre son indépendance à l'universitaire - était-il "être" plus autonome pré-LRU ? - puisqu'on le transforme désormais en "enseignant-chercheur-administratif". Cette logique modifie la profession que j'avais choisie à l'origine et à laquelle j'associais l'idée d'une liberté qui valait bien quelques sacrifices, au moins à court terme. Parce que, puisqu'il faut chercher, alors il faudrait trouver. Parce que, puisqu'il faut enseigner, alors il faudrait "diffuser". Parce que, puisqu'il faut diriger, alors il faudrait manager. 

 On notera que tout ceci fait furieusement penser à la métaphore médicale de la "perfusion" : on la remplirait par les "trouvailles" de la recherche, on en diffuserait les résultats en "intra-veineuse" par l'enseignement, le "médecin-surveillant" veillant à ce que le tube coule au bon rythme... Logiquement, on a postulé que la question critique est celle de l'incitation / sanction. Et on a pris, à tort, l'image d'une université qui deviendrait une entreprise pour qualifier cette évolution - et ce alors même qu'il n'y a pas une forme unique d'organisation des entreprises ! 

Il me semble donc important de rappeler quelques évidences gestionnaires et managériales qu'il serait bon d'opposer de temps à autres et que je vois trop rarement formulées dans un ensemble cohérent. Ceci, peut-être par absence de connaissance en profondeur par les universitaires non familiers des sciences du management de la manière dont sont organisées les entreprises ; du moins celles qui ne sont pas obsédées par la seule maîtrise des coûts et s'interrogent aussi sur ce que signifie construire l'avenir. 

Commençons par la question de l'incitation / sanction, positive comme négative, problématique que la LRU se faisait donc fort de régler. Dans des activités par définition immatérielles, la question est toujours délicate. Les universitaires sont comme les chirurgiens, comme les juges et, finalement, comme tous les "professionnels" : du "personnel" de  "front office" dont on sait l'impossibilité de les tenir réellement pour responsable des "résultats" alors même qu'ils ne maîtrisent pas l'état d'arrivée des "clients" ou des "usagers". Dans leur domaine, immatériel, rien ne se possède, la connaissance est tout sauf un patrimoine susceptible d'être "transféré"... et ce même si le "powerpoint" a été bien conçu.

Comment, alors, vouloir les engager sur des objectifs et des résutlats ? Un avocat, un chirurgien, un juge accepteraient-ils autre chose que l'obligation de moyens ?  Dans tous les domaines qui ne s'exercent que par des "professions", la problématique est celle de l'expertise et de la culture du diagnostic. Ceci ne s'acquiert qu'avec le temps de la patience, des essais et des erreurs. Les apprentissages peuvent être naturellement plus rapides chez certains. Certains feront aussi parti des plus grands chirurgiens alors que d'autres seront d'abord d'excellents médecins généralistes... Ceux qui connaissent un peu Mintzberg savent cependant pourquoi, en aucun cas, on ne peut raisonnablement croire possible de "standardiser les "résultats" des uns comme des autres.   

La conséquence est immédiate : on ne saurait défendre sérieusement que l'universitaire qui publierait trop peu - ou qui ne serait pas suffisamment malin politiquement pour négocier quelques décharges administratives - devrait enseigner davantage. Ceci selon la logique surprenante qui pourrait amener à faire opérer plus un chirurgien, faire plaider plus un avocat, faire juger plus un juge... au motif qu'ils ne seraient pas suffisamment "bons experts" dans leurs domaines respectifs. Oui, de la sorte, on apporte à un problème la pire des solutions faute d'avoir su déceler la nature de la maladie. 

Poursuivons sur la question de la "performance". Les questions ici aussi sont nombreuses et pas sans lien avec les points précédents : qui évalue les évaluateurs ? La publication scientifique n'est-elle pas aussi une industrie "à la Porter" avec ses rivalités concurrentielles à analyser, ses "menaces" de nouveaux entrants à prendre en compte, ses pouvoirs de négociation à diagnostiquer... et ses barrières à l'entrée qui peuvent la rendre très profitable pour les acteurs en place ? Autrement dit : vouloir s'intégrer à la grande "danse" de la publication scientifique internationale, pour mieux lutter dans la compétition, grimper dans les classements dits sérieux, n'est-ce pas aussi accepter de sauter par dessus quelques barrières à l'entrée uniformisatrices : l'anglais, circuler de train(s ) en avion(s) pour participer aux congrès internationaux où il faut être pour envisager de commencer à exister, traiter des questions "dans l'air du temps" ?

Et j'ose poser la question : pour prendre le langage de l'économiste, tout cela ne fait-il pas, quand même, beaucoup de coûts de transaction à la Williamson ? Le coût d'opportunité n'est-il pas trop élevé ? L'investissement ne pourrait-il être mieux employé à lire autre chose, à prendre le temps d'écrire pour savoir ce que l'on pense, à profiter des nouvelles technologies pour partager avec le grand nombre des questions que l'on essaierait de renouveler aussi pour alimenter la conversation démocratique ? Pire, nos communautés académiques à l'étranger attendent-elles d'abord d'être singées ? Ou désirent-elles plutôt une pensée française qui serait à la hauteur de sa réputation ? Car outre nos médailles "Fields" et nos "Nobel", on oublie trop souvent que les disciplines des humanités ont aussi produit les auteurs parmi les plus cités au monde : les Foucault, Bourdieu, Deleuze & so on. On imagine d'ailleurs mal ces grands noms avoir toléré de se voir fixer des "objectifs" par des managers férus de résultats... D'aucuns, mal intentionnés peut-être, verraient d'ailleurs peut-être un lien entre le déclassement relatif des disciplines qui s'intéressent aux "humanités" et la "logique" de performance en recherche : il est vrai qu'en ce domaine des "humanités", recherche et enseignement ont toujours été vues comme faisant "système".   

Continuons. Comment pourrait-on juger les présidents d'université et leurs équipes seuls responsables de la gestion des "talents", et ce alors même qu'une université, comme un hôpital, comme un tribunal ne sera jamais propriétaire desdits talents qui, dans le domaine de l'immatériel, n'appartiennent jamais qu'aux individus qui la composent et acceptent (ou non) d'y apporter leur concours actif. Au mieux, une université peut être dotée d'un patrimoine, certes, à entretenir (d'où la question de la dévolution immobilière...).

Mais la connaissance que porte le corps des universitaires, lui, ne connaîtra jamais les frontières de ces dernières ; parce qu'au-delà des disciplines qui séparent les uns et les autres, les institutions d'enseignement, a fortiori dans le supérieur, sont toutes d'immenses "bureaucraties professionnelles". Et le Nobel Friedrich Von Hayek - qui n'était pas un affreux collectiviste, me semble-t-il - l'a dit il y a plus de 65 ans : la connaissance ne peut être mobilisée sans l'actif concours des individus. Il serait bon de s'en souvenir en nos domaines où la tentation pourrait être grande d'assimiler, à tort, l'universitaire à un enseignant-chercheur-administratif qui deviendrait une sorte de "prestataire" de "services" dans ces trois domaines. Imagine-t-on Dr House devenir la propriété de quelque organisation que ce soit ? 

Pour cette raison, dans l'univers immatériel de la connaissance, seules les qualifications peuvent être "standardisées", et jamais autrement que par les "pairs". C'est aussi parce que l'immatériel n'est pas matériel, que rien ne se décrète, que l'incitation et l'achimie sont complexes, phénomènes sans lesquels aucune  innovation ne se déploie. N'est-ce pas d'ailleurs pour cette raison que J. Schumpeter notait que l'innovation appelle des situations de stabilité à l'abri de la concurrence (l'écoute de cette somptueuse conférence d'Alain Cotta devrait introduire tous nos masters de recherche...) ? et puis aussi quelques "slacks", ces formes de gaspillage qui hérissaient tant les managers quantophrènes du siècle dernier ? sans oublier la nécessitédans le domaine de la création et du partage de ces connaissances, de capitaliser sur des savoirs disciplinaires distincts... 

 Pour toutes ces raisons, plus de concurrence, plus de compétition ne saurait être le seul stimulant, sauf à engendrer des dérives que l'on connaît déjà trop : travail sur les sujets "fashion", recours privilégié aux grands échantillons et aux méthodes nomothéthiques ; perte de vues des implication sociales et sociétales des produits de recherche pour ne considérer que les implications... for the researchCe sont là de réels dangers.  Et puis ne sait-on pas suffisamment déjà que l'obsession de la maximisation du ratio sur lequel on est  jugé conduit parfois à prendre des risques, à être tenté par la triche, juste une fois, comme ça, puis de temps en temps, parfois... Au risque de se réveiller ensuite un peu tard et faire le constat que les carrosseries des publications "étoilées" masquaient quelques vices cachés (plagiat, échantillon un peu biaisés, etc.). L'actualité a déjà fourni des exemples. Ils iront croissants.   

Et je note - mais est-ce un hasard ? - que la réforme de la gouvernance des universités  n'a jamais abordé la question du contre-pouvoir que pourrait exercer l'universitaire par sa pensée. Un peu comme la question de la pertinence de l'existence d'un juge d'instruction, toutes choses égales par ailleurs... 

Il est vrai que, par-delà leur diversité, tous ceux qui font profession de penser et donc d'enseigner, de partager, d'améliorer leur expertise aiment, au-delà de tout, comprendre pour agir, agir pour comprendre. La réalité leur parvient alors toujours filtrée au travers de lunettes théoriques. Ceci donne à voir "symptômes", des "possibles" à tenter et pour ceci il est nécessaire de disposer de "données", de vouloir rechercher des "lois" pour mieux s'en défier.

Le diagnostic est cet art des prescriptions possibles fondées sur des intentions scientifiques... sans assurance aucune, jamais, de ne pas faire erreur ou de ne pas échouer. On est à l'opposé de toute la logique sous-jacente aux évolutions de gouvernance des universités. Pire, on est à l'exacte anti-thèse de ce que font celles que l'on croit prendre pour modèles mais auxquelles je crains que l'on n'ait pas compris grand-chose : les pratiques concrètes des entreprises. 

On a ainsi pris le risque d'importer ce contre quoi les meilleures recherches en management se battent tous les jours  : l'illusion du contrôle pour le contrôleur d'un côté ; la gestion des "indicateurs" par les contrôlés, de l'autre. Et puis, bien sûr, l'introduction de dynamique compétitive pour dresser les "égocentrismes" les uns contre les autres. Ceci dans un univers où les ressources se raréfient, où pour bénéficier de l'allocation desdites ressources il faudra sans doute plus que jamais désormais savoir "grenouiller" politiquement aux bons endroits, court-circuiter les circuits formels, pratiquer la bonne vieille logique des "visiteurs du soir".

Alors, deux précisions pour terminer cette réflexion qui pourrait nous occuper des heures tant les sujets à aborder seraient nombreux - qu'il s'agisse des dynamiques de concentration actuellement à l'oeuvre, des réformes organisationnelles en cours, de la compétition inter-universitaire mais aussi intra-universitaire entre chacune des disciplines qui tentent de lutter pour leur survie, etc

La première de ces remarques, c'est que je vois très bien la manière dont la quantophrénie à tous les niveaux des diverses tâches de nos enseignants-chercheurs-administratifs peut conduire à flirter avec ce que les anglo-saxons appellent le "burn-out". Je ne connais pas d'équivalent en langue française, si ce n'est l'épuisement mental. Il est un mal qui guette, je crois, tous les universitaires, à tous les stades de leur carrière, et ce quel que soit le statut qui régit leur activité.

Ce risque de surinvestissement a été parfaitement pointé, par exemple concernant le fameux "publish or perish". Et je note qu'en dépit de toutes les critiques, rien n'y fait : on voit mal pour quels motifs ce "publish or perish" n'aurait pas encore de beaux jours devant lui en recherche. J'en déduis que c'est donc l'actualité de la "souffrance au travail" qui est le devenir naturel des enseignants-chercheurs-administratifs. On mesure tous les jours, hélas, qu'elle commence à être la chose la mieux partagée du monde, et singulièrement dans les organisations où les "salariés" ne voient plus grand sens à leurs actions. Dans le cas des universitaires, ce serait au détriment de l'exercice d'une pensée et du travail à son apprentissage. Ce serait rien moins que dramatique pour notre démocratie. 

 La seconde de ces remarques, c'est que ce qui est en jeu dans nos domaines, c'est le non-quantifiable, le non-mesurable, bref l'immatériel de la pensée, de sa création, de son partage, de son influence. Autant de "choses" qui n'en sont pas et sont bien peu rentables "politiquement" dans le court terme des campagnes électorales. Et puis, surtout, à force de ne voir que l'obsession du "résultat", on incite à aller là où les résultats, précisément, sont bien davantage reconnus et récompensés. Je constate ainsi avec effroi depuis plusieurs années que beaucoup de mes collègues, parmi les les meilleurs, partent vers d'autres horizons ; je vois comment les nouvelles "primes" vont conduire à gérer avant tout les indicateurs, et ce à tous les niveaux. 

 Et ce que je vois trop rarement, c'est une réelle conversation démocratique sur la place de la culture et de l'université dans la société, comme par exemple dans une politique d'aménagement du territoire. En ce domaine comme en d'autres la "propension des choses" pourrait bien nous amener dans des murs - même si je rêve de me tromper. Nous avons cependant encore la chance, jusqu'à nouvel ordre, d'être rémunérés par les contribuables pour penser ; alors je suis convaincu qu'il faut à tous ceux qui sont impliqués dans ce que représente la culture "universitaire" - et qui dépasse naturellement les seules universités et intègre toutes les institutions d'enseignement - être mille fois plus ambitieux dans les projets d'investigation et dans l'éthique d'une prise de parole. Celle-ci n''est jamais sans risques dès lors qu'il s'agit de jouer "pouvoir contre pouvoir". Ceci place la question de l'université et des universitaires en bonne place aux côtés de celle des hôpitaux, des tribunaux, etc., qui sont autant d'institutions qui subissent aujourd'hui des ondes de choc massives.  

La profession de l'universitaire est l'exercice de la pensée. Cette pensée dont on a jugé nécessaire, un jour, de garantir constitutionnellement l'indépendance - mais d'où a donc bien pu venir cette idée saugrenue... ? Alors, pour terminer de convaincre que l'on aurait tort de considérer mes propos comme nostalgiques du bon vieux temps, que je ne regrette en rien la situation antérieure, que je ne vois simplement pas en quoi la nouvelle apporte des améliorations, alors je me permets d'esquisser quelques idées autres...

Je plaiderais ainsi volontiers pour que les universitaires, de toutes les disciplines, et singulièrement la mienne, se structurent en "ordres". Qu'ils revendiquent ce pouvoir, et ce alors même qu'ils savent en fin connaisseurs de Michel Foucault qu'une société sans relations de pouvoir ne peut être qu'une abstraction. Qu'ils l'assument et prennent surtout des risques, comme celui d'émettre des avis quand leur discipline est convoquée pour justifier des réformes. Qu'ils s'expriment lorsque des fortunes trop étonnantes pour être parfaitement honnêtes sont faites. Qu'ils osent, singulièrement dans ma discipline, (ré)exprimer des avis sur les actions des "hypermanagers" comme leur ordre sait parfois demander des comptes aux médecins. Qu'ils réfléchissent, aussi, à quelques examens du "barreau" alors que la responsabilité que vont assumer les "managers" que nous formons sont, dans nos sociétés modernes, absolument considérables.
Ceci me rapproche, peut-être, de ce pour quoi milite Pierre Dubois : des instituts plutôt que la LRU ; mais au bémol près que lesdits instituts soient unifiés par des ordres, gérés par des pairs, que les disciplines soient jugées d'égale importance, quitte à ce que l'on juge bon d'en abriter plusieurs sous une même enceinte immobilière pour des questions logistiques ou de meilleure "mutualisation" de cet argent qui doit, d'abord, rester public.
Ceci aussi pour qu'il ne vienne jamais à l'idée à un président d'université d'oser se prétendre l'équivalent d'un P-DG... A moins qu'il ait compris que cela signifie aujourd'hui être un chef d'orchestre, et donc savoir, d'abord, se mettre en retrait plutôt que sur le devant de la scène....

Bien sûr, on me rétorquera que ceci n'est sans doute pas simple. Que la mise en oeuvre d'une telle mesure ne serait sans doute pas sans poser question. Qu'elle serait bien peu praticable dans un monde "globalisé". Bien sûr. Alors, je m'empresse, après l'avoir formulée, de retirer cette proposition impraticable ; et je me contenterai de la pratiquer, à titre individuel au moins, chaque fois que je le jugerai utile. Et ceci, en toute indépendance.

Cher "pair", permettez-moi de terminer là notre petit échange. Avec un peu de poésie qui vaudra, temporairement, synthèse des réponses aux questions qui m'ont été posées. Et puis avec un peu de cette petite musique qui enchante aussi, qui aide à passer les moments où le doute, en recherche comme ailleurs, est parfois si difficile, lorsque la journée est bien cruelle. Que revient la question, lancinante, du sens de l' "aventure". Que quelques leçons et béquilles s'avèrent alors plus utiles que de longs discours. Quand les doutes pourraient justifier les renoncements et, pourquoi pas, le pire des maux qui guette les universitaires : l'auto-censure. Qu'en dites-vous, cher "pair" ? Pas mal, non, pour expliquer les affres mais aussi les plaisirs de l'incertitude en recherche comme ailleurs, isn't it ?

 

 

 

Je vois en tout cas dans cet extrait un merveilleux condensé de ce en quoi je crois : la responsabilité qui va de pair - mais pour combien de temps encore ? - avec le statut de professeur DES universités que la société m'a fait l'honneur de me donner par la main de notre ancien président de la République. DES et pas d'UNE, et ce quel que soit l'attachement que je peux avoir à celle-ci, quelle que soit l'affection que je peux porter aux collègues qui sont aujourd'hui en charge de la diriger. Mais rien n'est écrit : plus les dynamiques hétéronomes sont cousues de fil blanc, plus elles suscitent de saines réactions d'autonomie ; et puis, toujours, on peut (se) jouer de la contrainte, en profiter pour réaffirmer son identité et sa singularité. 

Et puis il y a cette indépendance de l'universitaire. J'espère en être digne, autant que je le peux. Je continuerai, autant que je le pourrai, à tenter de le rester. Certains y verront peut-être de la naïveté ; j'en fais une question d'honneur. Cet honneur qui est, dans le domaine de la culture et de la connaissance, la plus puissante incitation à continuer. Cet honneur qui vient, d'abord, des exemples auxquels on adhère, de l'inspiration léguée par ceux qui ont précédé. Cet honneur qui nourrit la passion, cette passion si importante dans ma profession ; cette passion qu'aucune satisfaction d'intérêt ne saura jamais remplacer.  


 

J.-Ph. Denis

 


 

FIN

 

 


Par jphdenis - Publié dans : Le futur des universités ? Hors les murs... !
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Commentaires

Je suis encore sous le choc de ce que je viens de lire sur la responsabilité et la liberté des enseignants-chercheurs des universités. Choc salutaire et déstabilisant car on a, comme vous le dites si bien, le moins en moins de temps de penser, d'en revenir à la question essentielle : fais-je bien mon métier ? suis-je en train de le faire de plus en plus mal ? puis-je le faire mieux et comment ? Pour un retraité, c'est certes peut-être un peu tard pour y réfléchir. J'aimerais seulement que les 55.000 enseignatns du supérieur vous lisent. Merci pour cette contribution.
Commentaire n°1 posté par Dubois Pierre le 08/09/2010 à 23h17

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