Vendredi 11 février 2011 5 11 /02 /Fév /2011 06:46

 

On a donc écouté la seconde partie - hélas, on n'était pas disponible avant pour écouter l'ensemble du propos et des réponses aux questions posées.

On retiendra en tout cas le fameux "je ne veux pas que la France, ce soit l'Irlande, l'Italie ou le Portugal...". Et puis cette envolée sur notre belle France de propriétaires, des jeunes couples qui construisent l'avenir de leurs enfants, qui pourraient un jour être au chômage, qui veut donc se mettre à l'abri pour ne pas se faire mettre dehors au cas où elle ne pourrait plus payer son loyer... et qui est donc satisfaite de savoir que la plus-value sur sa résidence principale ne sera pas touchée (j'ai cru pourtant entendre que que ce n'était pas bien de spéculer, juste quelques instants auparavant...). 

Alors, on se dit que, décidément, ce billet continue de présenter une belle actualité, comme plus généralement l'ensemble de la catégorie "crise, scandales, "garagisme" et management". Comme dirait le Dr House, nobody changes, donc... Et que, plus que jamais, quelques bons vieux conseils de management stratégique - c'est-à-dire pas ceux, aussi chers que conformistes, des cabinets mobilisés dans le cadre de la RGPP ! - s'imposent...

A ce propos, il y a eu quand même une touche d'espoir que la cause n'est pas totalement perdue : parce que je crois que c'est bien la première fois que l'on a entendu un début de remise en cause, lorsque les vacances en France des Ministres ont été évoquées. Un "parfois, je sais être fin..." - ou quelque chose d'approchant... - n'a-t-il pas été lâché, sans doute fatigue aidant... ?

 Cette fatigue, on aimerait pourtant qu'elle s'installe de manière durable, et qu'elle incite à un peu de repos (en France ou ailleurs...). Parce que sont de plus en plus évidents les rôles stratégiques majeurs que jouent, en vue de l'efficacité, la patience, les silences et autres appuis sur le "potentiel de la situation". Assurément, si de tels conseils font mauvais ménage avec les échéances électorales de court terme, on ne saurait cependant s'en émanciper sans danger... pour l'efficacité, précisément.

Alors, référence en provenance d'un auteur dont le "traité de l'efficacité" reste aussi, me semble-t-il, un passage obligé à toute compréhension sérieuse du monde tel qu'il est et comme il vient :


http://ecx.images-amazon.com/images/I/41h26EdXoWL._SL500_AA300_.jpg 


 Mais sur ce point, l'avalanche, au sens propre délirante, de chiffres plutôt que la reconnaissance du caractère éculé des cadres de pensée avec lesquels on raisonne et qui ont démontré avec une grande régularité leurs échecs au siècle de l'innovation ; oui tout ceci donne bien à penser que le pari n'est pas gagné d'avance que la fatigue et la prise de repos pourraient l'emporter sur l'escalade de l'engagement. 

 Il est vrai qu'exploiter est toujours plus difficile qu'explorer, comme on le sait depuis James March, et même au-delà, depuis Piaget au moins. Une fois encore, l'empirie va donc démontrer ce grand enseignement de la recherche. Elle pourrait aussi en confirmer un autre : Kets de Vries et Miller ne nous ont-ils pas appris, il y a déjà bien longtemps déjà, que les organisations sont, d'abord, malades des névroses de leurs dirigeants ? 

 On regrettera donc simplement, pour conclure, qu'en ce domaine comme en d'autres, les décideurs actuels ne soient très probablement pas ceux qui paieront le prix (fort) des conséquences futures de leurs décisions. 

 

 

J.-Ph. Denis

 

Billet mis à jour, 11/02/2011, 19 h 20. 

Par jphdenis - Publié dans : Politique et technosciences du garagisme
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