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Samedi 12 février 2011 6 12 /02 /Fév /2011 08:44

(M.A.J. 3 en date du 14/02, 23 h 32 :

puisqu'il semble que l'impact d'inspiration qu'aurait pu avoir l'élection d'Obama dans les révolutions tunisiennes et égyptiennes commence à être discuté, alors j'ai pensé que l'extrait de MdC 3 - OS VOICE méritait d'être repris un peu plus longuement...)

 

J.-Ph. Denis 

 

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Le débat va désormais bon train : le rôle des nouvelles technologies dans les révolutions tunisiennes, égyptiennes... en attendant peut-être les autres. Avec l'hyper-algo-question de recherche suivante : quel rôle a joué la technologie dans l'avènement de ces évènements ?

Qu'il se soit agi de prendre conscience de pratiques insupportables, de réveiller des foules ou de leur permettre de se coordonner, il semble évident que ce rôle aura été et continuera d'être absolument crucial. Parce qu'il aura contribuer à une reprise de confiance, et donc de pouvoir, par des dominés, permettant de dénoncer et renverser des dirigeants qui en abusaient sans vergogne. 

A méditer alors que l'on a pu entendre ici ou là qu'il fallait désormais "civiliser internet". Drôle de manière de mettre en oeuvre la nouvelle politique de civilisation dont on a voulu se faire, un temps, le champion.

Alors, sur ce thème, une interview très riche publiée hier sur le site de Mediapart, dont on ne peut que conseiller d'investir dans un abonnement :

 

 

 

 

Et puis méditation d'un court passage de "Mémoires de Crise (3) - Operating System - VOICE" quant au caractère algo-hyper prévisible, au fond, de ces évènements (on peut lire l'intégralité de ce texte dans la page dédiée, même si on recommandera la lecture de l'ensemble de l'hyper-book...). Ce texte a été, de mémoire, mis en ligne le 14 juillet 2010 au soir, ce qui n'est qu'une coïncidence...

 

"(...) Ces scandales et ces crises, dont RAM-EXIT met en évidence les racines, montrent que la seule issue se trouve dans un droit qui redeviendrait moral et politique. Car seules des formes nouvelles de techno-juridicité sont susceptibles de contenir les dérives intrinsèques de la technoscience. C’est donc un techno-weberianisme qu’il nous faut reconcevoir.

Ceci est d’autant plus urgent que la société reste si fragile, tellement en tension, toujours prête à l’implosion. Car le marché est un Léviathan qui ne saurait faire oublier que la rage, à tout moment, peut reprendre les peuples. Et qu'elle est l'un des euphorisants parmi les plus puissants. 

 

 

 


Après l’accès de stress, pour ne pas dire de panique, suscité par RAM-EXIT, je me suis dans un premier temps rassuré en pensant qu’il restait deux attitudes hirschmaniennes. Que ROM-loyalty allait faire contrepoids. Mais arrivé au terme de ce second O.E.N. I., il a bien fallu se rendre à l’évidence : hélas, il n’y avait pas grand-chose à attendre de la loyauté hirschmanienne pour nous tirer d’affaire.


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L’interrogation qui me traversait en écrivant ROM-Loyalty était en quelque sorte la suivante : puisque les lumières issues de l’union de la science et du droit fondent le sol positif – comme aurait dit Foucault – de nos républiques démocratiques, le contrepoids aux dangers d’une technologisation et d’une globalisation effrénées peut-il se trouver dans des formes renouvelées d’ordre pré-moderne tels que les a définis Schumpeter ? Des ordres sociaux fondés sur de nouvelles formes de loyauté et de fidélité à la tradition, pour filer Weber à nouveau.

Après avoir été porté par l’écriture de ce second O.E.N.I., la réponse s’est imposée comme négative. Car le principe girardien, explicatif du mimétisme, dont on peut sérieusement défendre qu’il entretient une relation très étroite avec la loyauté, oui ce principe vise toujours juste mais aussi toujours après coup. Il fonctionne de manière impeccable pour expliquer, mais il arrive toujours trop tard, après coup.


 

 

 

Le ressort fondamental des mouvements de panique se trouve dans la peur de la douleur, le Pain Avoidance Model (PAM). C’est ce que défendent (encore eux !) Jensen et Meckling. Effectivement, je suis arrivé à la même conclusion qu’il n’y a rien à espérer réellement de la loyauté pour nous tirer d’affaire, pour faire contrepoids aux dérives intrinsèques du calcul : la loyauté caractérise un être humain pour lequel le refus de la douleur, la paresse chère à Cotta – physique, musculaire, neuronale… – constitue le ressort fondamental des actions.

La loyalty n’est finalement que l’expression politique de l’apathie. La loyalty est le moteur qui engendre le comportement de résignation. Et voici comment on retrouve un symptôme trop souvent occulté, et que le même Cotta est l’un des rares à rappeler : le régime politique démocratique est ultra-minoritaire dans notre monde. Quand les peuples ont un droit de vote, ils ne l’utilisent pas, ils s’abstiennent. Ils ne se mobilisent, ne sortent de leur paresse, que par calcul, pour la sauvegarde d’intérêts corporatistes. Pas pour un monde plus juste.

Avec l’œil du stratégiste, cette loyauté apathique se comprend aisément si l’on garde à l’esprit que l’exitest toujours coûteux. James March l’a en effet démontré définitivement : explorer est plus coûteux qu’exploiter. Explorer déclenche toujours des coûts de transaction échoués. Explorer contraint toujours à l’abandon d’actifs spécifiques. Et il n’y a finalement que l’illusion d’une propriété autre, que l’ivresse de plus de croissance qui peut conduire à accepter de devenir déloyal, de pratiquer l’exit. L’exit libère mais suppose de renoncer. Il n’est envisagé que lorsqu’un dédommagement plus fort est espéré. Car il suppose, toujours, de prendre le risque d’abandonner, d’accepter d’être dépossédé.

Et c’est précisément ce refus de la douleur de l’exploration qui est au cœur de la loyalty. Parce qu’effacer le disque dur, la ROM, serait trop coûteux. Trop lourd. Insupportable. Chaque constat de départ impossible, chaque échec renforce alors la loyalty, par l’un de ces procès paradoxaux qui font que la victime se solidarise avec son bourreau. Qu’elle préfère même s’effacer, se cacher, plutôt que d’affronter le réel dans un combat perdu d’avance.

La loyalty est l’absence même de pensée d’un devenir. Bien qu’essentielle à toute société, elle est politiquement haïssable, du moins dans la forme idéale formulée par Hirschman. Elle interdit la (re)conception du nouveau au motif d’un impératif de respect des conventions, au principe que la tradition doit légitimer l’exercice du pouvoir. Tu respecteras et tu honoreras ton père et ta mère… même si tu juges qu’ils ne le méritent pas. Tel est le ressort viscéral de la loyalty.

 

 

      

 


Une loyalty qui, toujours, ne peut que s’affronter avec l’exit. Mais une loyalty qui est lente, qui est poussive, qui ne supporte pas le changement. Une loyalty que le double mouvement de globalisation et de dématérialisation n’a de cesse de chahuter. Et qui finit par n’avoir plus d’autres perspectives que de prendre les armes ou d’en finir. 

Considérer certains faits à la lumière de cette loyalty met en évidence combien il est au mieux inconscient, au pire d’un cynisme insupportable de (se) jouer ainsi avec la force de la tradition. Comme cette lecture de la lettre de Guy Môquet, alors que l’on s’extrait soi-même de tout respect des symboles. Comme ce débarquement dans la cité des 4000 – haut lieu s’il en est aujourd’hui de formes de loyalty à la bande, à la « famille » – alors même que l’on avait promis d’y passer le kärcher et que l’on est le symbole de ce contre quoi s’est construit le clan : le pouvoir dominant.

Alors oui, quand cette déclaration de guerre de l’exit à la loyalty se passe au moment même où une manifestation de plus d’un million de personnes dans les rues contre les retraites se déroule ; lorsque l’on est aux prises avec une affaire Woerth qui s’étend et qui enfle. Lorsque l’on tente de provoquer les formes de loyalty, de les attiser, de les dresser les unes contre les autres pour reprendre le contrôle de l’agenda médiatique ; oui, voilà des formes évidentes d’abus de confiance caractérisés.

A trop désigner les barbares, à trop jouer au pompier pyromane, voilà qui est irresponsable et pourrait bien nous amener à des formes nouvelles de guerre civile. Parce qu’on ne joue pas impunément sur la loyauté des petites gens. Parce qu’on n’appuie pas sans risque sur les névroses de ceux qui n’ont pas pu dépasser les drames de leurs histoires personnelles. Parce que ROM-Loyalty se termine dans le sang. Selon les mécanismes bien connus qui font entrer dans une véritable chute libre.

 

 

 

 

On pourrait considérer que l’accusation d’abus de confiance caractérisé portée ici est trop forte. La réponse est non. Parce que, de deux choses l’une. Soit les armées de conseillers rémunérés plusieurs dizaines de milliers d’euros chaque mois ne connaissent pas Hirschman, pas Foucault, pas Deleuze, pas Bourdieu, pas Mauss et alors ils abusent leurs émoluments puisque leur incompétence par inculture abuse notre confiance. Soit, au contraire, ils savent, ils connaissent, et alors c’est encore pire : l’abus de confiance est prémédité puisque tout acte est posé pour maintenir une véritable arnaque généralisée.

La conclusion de ROM-Loyalty est donc sans appel. Ce n’est pas dans la tradition, du moins pas dans la forme mimétique qui sous-tend toute dynamique traditionnelle, qui prédétermine les comportements, que la technoscience trouvera les linéaments de nouvelles formes de techno-juridicité propres à contenir les dérives de l’exit. Bourdieu avait tort, hélas, lorsqu’il déclarait : « la sociologie exerce par soi un effet – qui me paraît libérateur – toutes les fois que les mécanismes dont elle énonce les lois de fonctionnement doivent une part de leur efficacité à la méconnaissance […] on comprend que la sociologie se voit sans cesse contester le statut de science, et d’abord évidemment par tous ceux qui ont besoin des ténèbres de la méconnaissance pour exercer leur commerce symbolique » (in Leçon sur la leçon, 1982, p. 20-21).

Non, savoir ne guérit pas, seule l’action guérit. Non, la sociologie n’exerce pas « par soi », mais seulement quand elle vient nourrir ceux qui ont jugé raisonnable d’agir d’abord et de comprendre ensuite. Non, la sociologie ne libère pas ex ante mais ex post, pour aider à comprendre, à rationaliser à justifier. Elle n’aide pas l’action, elle ne peut que libérer une fois l’action entreprise. C’est sa plus grande faiblesse face à la froide rigueur de l’économique. Mais c’est ce qui peut faire sa grande force pour nourrir la chaleur de l’action politique.

Et c’est pour ce motif que la figure d’Obama traverse tant RAM-EXIT que ROM-Loyalty. Parce que cesmart guy est peut-être le meilleur exemple que l’on puisse trouver aujourd’hui pour nourrir de nouvelles formes de VOICE d’Hirschman, de prise de parole face aux situations de déclin. Parce qu’il est celui qui rend aujourd’hui légitime et compréhensible, y compris et surtout pour les plus jeunes, pour ceux qui sont démunis de capital symbolique, culturel, social, les accusations d’abus de confiance de notre monde actuel.

Cet Obama au charisme ravageur. Ce charisme qui a quelque chose de divin. Oui ce charme qui pourrait bien être la seule chose susceptible de sortir la techno-cité de l’auto-destruction à laquelle elle est, sinon, promise, si l’on laisse le RAM-EXIT se jouer de la fragilité du ROM-Loyalty.

Ce charme qui semble être le seul susceptible d’ouvrir réellement de nouveaux possibles. Ce charme, excroissance du charisme, cette troisième source du pouvoir légitime chez Weber. Ce charisme qui n’est jamais donné, qui se conquiert dans l’épreuve, face à l’adversité. Ce charisme qui suscite le respect d’abord parce qu’il prêche toujours le meilleur de l’humain.


 

 

 

Ce don du charisme qui peut dès lors appeler, de manière légitime, le contre-don. Ce don qui irrigue effectivement les discours d’Obama depuis son discours fulgurant à la convention démocrate de 2004. Un don entendu au sens de cette triple obligation du donner-recevoir-rendre pour filer un très fin connaisseur de Mauss. Ce don que l’on ne saurait sérieusement considérer comme un acte désintéressé. Que ce reproche fait à la sociologie maussienne est mal pensé…


 

 

 

Le don restera toujours une forme fondamentale des échanges humains, aux côtés du prix et de la contrainte. Le vrai débat ne porte donc pas sur la pertinence ou non de (re)penser le don, mais d’interroger la force de celui-ci comme d’un acte d’abord gouverné par la bienveillance, pas d'une action désintéressée.

Car là où l’utilitarisme postule, avec cynisme, la malveillance une pensée réelle du don peut se reposer sur des postulats de bienveillance et d’intégrité. Un don qui nourrirait la voice en créant de la confiance. En étant susceptible d’avoir raison de la solitude et de la peur, ces deux mots qu’une pensée strictement utilitariste cherche à cheviller au corps de l’individu pour mieux lui paralyser l’esprit.

Ce don, c’est celui des exemples légués, des inspirations qu’ils suscitent. C’est par cette vertu de l’exemplarité qu’un système devient réellement opérant. Un don indissociable d’obligations. Des obligations qui obligent au dépassement de soi, de son égocentrisme, de la folie individuelle qui nous habite tous, d’une manière ou d’une autre. Et dont on ne se grandit que par accès à des exemples autres, inspirants, moteurs.

A la lumière d’un don ainsi conçu comme exemple bienveillant, il devient légitime de juger des actes à l’aune de leur exemplarité. De l’inspiration qu’ils suscitent. Des rires et de l’humour qu’ils déclenchent. De l’ivresse et de la passion qu’ils provoquent.

Ce don de la bienveillance paternelle qui sauve le jeune Sheen du Wall Street d’O. Stone. Lorsqu’il recouvre la vue. Qu’il constate que le plomb est bien plus lourd que la paille, que le soleil se lève bien à l’est. Que la boussole, la carte de son père, est bien juste. Qu’il serait irénique de penser qu’un jour des possédants pourraient ne plus exploiter des (dé)possédés.

Depuis la nuit des temps, capital et travail sont bien par essence toujours en conflit plus ou moins virulent, plus ou moins exprimé, toujours à l’état de potentiel comme dirait P. Lévy. Car c’est toute société qui est traversée de relations de pouvoir, toujours, comme Foucault a mis tant de temps à le formuler mais y est finalement parvenu de manière définitive.

Le reconnaître ne constitue en rien un renoncement. C’est au contraire un appel vibrant pour que soient jugés ceux qui possèdent, qui sont davantage nantis, sur l’autel de l’éventuelle malveillance de leurs actes. C’est un appel pour que, toujours, la seule question qui vaille dans une démocratie reste celle du contre-pouvoir et l’obligation de reddition. C’est un  appel pour que l’économique reste bien encastré, toujours, par l’action politique.

Et ce système politique ne devient « operating », opérant, que lorsque la parole, la voice, dispose de références sur lesquelles prendre appui. Des exemples. Qui charment et attirent. Qui sont au principe du tryptiquecharisme-don-exemplarité. 

Ce troisième ressort des actions humaines, l’exemplarité, est le seul susceptible à pouvoir faire réellement contrepoids aujourd’hui. Au nom de l’impératif de politique de repenser le souci de bienveillance. Cette bienveillance au nom de laquelle tout exercice sans mesure du pouvoir doit être condamné sans autre forme de procès. Avec une fermeté non négociable.

C’est au nom de cette même bienveillance que les stock-options doivent être abrogées, enfin. C’est avec cette lecture de la bienveillance que devraient être réexaminés, pour abus de confiance, les dossiers Bouton, Forgeard, Messier, Zacharias et consorts. Parce que les fortunes faites grâce à la technoscience doivent être condamnées comme autant d’abus de confiance caractérisés au nom de ce charisme-don-bienveillance-VOICE.

Parce que, muni de cette grille de lecture, il est insupportable d’entendre qu’il y aurait des responsables des succès mais qui ne seraient pas coupables des échecs une fois venue l’épreuve du temps long et épais. Parce que seuls les arnaqueurs, et je pèse ici mes mots, encaissent des bénéfices instantanés au nom de promesses futures qui ne se réaliseront jamais. Voilà qui est immoral. Voilà qui est tout simplement intolérable. Aux yeux de l’exemplarité. Il faut donc réviser tout ceci. Et obtenir des condamnations, fussent-elles symboliques.

L’exemplarité est la seule voie politique d’avenir.

Pas celle qui est promise par le gros temps des affaires. Pas après toutes les "affaires". Pas après s’être extrait de tous les symboles. Pas après les avoir tous piétinés. Tendre les lignes politiques, dresser les égoïsmes les uns contre les autres ne sauraient, jamais, nourrir quelque forme d’exemplarité que ce soit. Ceci n’est jamais que la meilleure semence des graines les plus populistes.

L’exemplarité, la vraie, ne se commande pas. Elle n’est pas possédée. Elle n’appelle aucune mise en scène. L’exemplarité, la vraie, est attribuée par ceux qui acceptent de se laisser guider par un exemple. Jamais, elle ne se gère pas par des communicants, aussi malins et rusés soient-ils.

L’exemplarité ne se maîtrise pas. C’est son charme. Elle s’exerce par elle-même. Et c’est au nom de cette exemplarité que doit être menée, dans notre monde immatériel, la révolution du droit au nom d’une certaine idée de la justice, de l’honneur, de la bienveillance, de l’importance du don qui oblige. Dans tous les sens du termes.

L’exemplarité, la vraie, compose avec la vertu libératrice du marché. Mais elle doit s’acharner à l’arrêter lorsque celui-ci retire leur dignité à certains. L’exemplarité respecte les traditions qui le méritent, mais les met en question et en cause quand la contrainte se mue en oppression insupportable des esprits.

Et c’est dans son courage et son intégrité à procéder par de telles actions ago-antagonistes, dialogiques dirait Morin, bref par le respect qu’impose de lui-même l’exemple culturel, que l’exemplarité devient mère des actions et aventures réellement collectives. Parce que c’est elle qui engendre la confiance.

Cette confiance qu’il ne faut jamais abuser en donnant à penser qu'une alternative á l'incertitude serait possible. Car, dans ce cas, on fait toujours le jeu du pire. Parce que les crises ne sont jamais que les drames de l'Histoire, lorsque celle-ci ne se laisse plus porter par le procès de l'évolution paisible et uniformisatrice pour reprendre la distinction d’Aron.

Et face aux crises inévitables, seule la confiance dans des exemples bienveillants, pris comme sources d’inspiration parce qu’ils sont gouvernés par le sens de la responsabilité des actes, l’anticipation honnête, bien que toujours impossible à mener avec complétude, de leurs conséquences permet de nourrir la seule chose qui nous fait tous tenir : l’espoir.

Cet espoir qui constitue la plus grande des ivresses. Qui permet de survivre aux crises. Qui donnerait même envie de les affronter voire de les provoquer. Parce qu’il nourrit l’ivresse d’approcher peut-être, un jour, la hauteur de ces exemples qui nous ont nourris, depuis l’enfance.

Alors, au nom de l’exemplarité qui nourrit la voice, chapeau Mister President. Bravo d’avoir rappelé que lorsque les actes sont gouvernés par la bienveillance, alors, au lieu de faire « pschitt », les actions peuvent enfler. Le battement d’aile de papillon peut déclencher un raz-de-marée. Qu’il peut se transformer un véritable tourbillon qui met tout cul par-dessus tête.

 

 


Le web 2.0 décuple ces possibilités, assurément, que partant de nulle part, un machin qui n’aurait jamais dû exister prenne forme. Qu’il le peut. Tout simplement.


 

 

FIN"

 

 

Maintenant, sur quelques conséquences politico-économiques éventuelles, on peut lire "Extension de mémoires", disponible depuis hier dans l'IBookStore d'Apple... ou ailleurs.

 

 

J.-Ph. Denis

 

M.A.J. : au fait, une petite trouvaille de "terrain", exemplaire...

 

1.

 

 

2.

 

 

 

M.A.J. 2 (13/02, 10 h 44) : 


 

 

IMG_0232.PNG

 

(Ndlr : ne pas trop se fier aux honneurs du classement, mes "algo-données" de terrain s'accumulent qui démontrent qu'il s'agit d'abord d'une superbe illusion... On y reviendra en temps et en heure, dans un "vrai" papier scientifique. En tout cas, merci de contribuer ainsi à nourrir ces "algo-données").

 

Par jphdenis - Publié dans : Politique et technosciences du garagisme
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